Une citation pour les curieux :

"Merde, l'amour, le vrai, ça ne peut pas être un nœud d'angoisse dans le cœur. Jamais il n'a été serein et bien sûr, cette angoisse contenait leur échec."

_ L'anomalie, d'Hervé Le Tellier (Gallimard, p. 228).

Rendez-vous avec Rama, de Arthur C. Clarke, Intégrale chez J'ai Lu (Fr : 1975 ; En : 1973)

 

Le premier tome (format poche, 2002) : 7,80 € chez J'ai Lu, 256 pages (9782290320891)
L'intégrale 1 (format poche, 2006) : à 24 € chez J'ai Lu, 734 pages, avec Lee Gentry (9782290000373)
Langue originale : anglais (États-Unis)
Traduction : Didier Pemerle, Jean-Pierre Pugi

Quatrième de couverture 

En l'an 2130, un objet pénètre dans le système solaire. Il sera baptisé Rama. Le vaisseau spatial Endeavour part à sa rencontre et pour le commandant Norton et ses hommes commence une curieuse exploration.

Ma chronique 

Dans mon exploration du fonds imaginaire, et du space opera en particulier, je suis revenue en lecture (plus ou moins) commune avec les camarades Laird Bob Fumble et Morgoth sur un des classiques du genre : le cycle de Rama. Nous parlerons ici du premier tome du cycle, Rendez-vous avec Rama, paru au début des années 1970 et signé par l'immense Arthur C. Clarke. 

Quand on cause space op et must read, force est d'admettre que Rama revient plus qu'à son tour, considéré comme un des grands titres du genre, et une des premières qualités que l'on peut bien lui reconnaitre est qu'il n'a quasiment pas vieilli. Sans entrer dans des considérations démesurées et ambitieuses comme on peut en rencontrer de nos jours en science-fiction, il pose un contexte pour le moins crédible et rigoureusement établi, sans se perdre en complexité.
 
C'est que l'intérêt est presque tout entier tourné vers Rama, cet objet non identifié sur le point de traverser à grande vitesse un système solaire partiellement colonisé par l'espèce humaine. L'essentiel du récit se partagera donc entre le rendez-vous avec Rama et son exploration d'une part, et les questions géopolitiques que son irruption pose entre les représentants des différents mondes habités d'autre part.

Autre qualité tout à fait appréciable : Clarke surfe habilement entre science et fiction, parvenant à un équilibre qui m'est apparu idéal à la lecture. Méticuleux et technique sur les points concernant Rama, il ne bascule jamais vraiment en hard science-fiction, prenant garde de ne jamais perdre son lecteur. Bien réels, les défis posés par ce monde cylindrique sont toujours exposés et illustrés de façon à ce que l'on ne décroche jamais à la lecture.
 
Indéniablement, Rendez-vous avec Rama a constitué une manière de bac à sable expérimental pour son auteur. Clarke se penche sur de nombreuses questions posées du point de vue des lois de la physique telles que nous les connaissons. Les conseils tenus régulièrement par les représentants des différents mondes permettent, en autre, d'apporter une respiration bienvenue dans cette réflexion générale. Et on retrouve bien sûr un humour pince-sans-rire tout à fait typique des romans de cette époque, avec quelques répliques et passages absolument succulents. Mais, revers là aussi typique, aucun personnage n'est réellement attachant, et sans doute ne s'agissait-il pas d'un des objectifs de Clarke ; je ne suis pas parvenue à retenir leurs noms et à les différencier les uns des autres (l'effort est surhumain quand on tombe de fatigue)...

Un demi siècle après sa parution, découvrir Rama ne devrait pas bouleverser un lecteur qui mettrait la main dessus sur le tard, ni sur le fond ni sur la forme. Il demeure cependant une lecture agréable aux qualités appréciables, et ce premier volume m'a complètement convaincue de découvrir la suite du cycle. 

Rendez-vous est pris, donc, pour vous parler des prochains opus de ce cycle. :)


 
 
 
 
 
 

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