Une citation pour les curieux :

"Merde, l'amour, le vrai, ça ne peut pas être un nœud d'angoisse dans le cœur. Jamais il n'a été serein et bien sûr, cette angoisse contenait leur échec."

_ L'anomalie, d'Hervé Le Tellier (Gallimard, p. 228).

Digression dans l'imaginaire (un 8 mars) : Ellen Ripley

En cette journée pour les droits de la femme, j'avais envie de digresser un peu dans l'imaginaire pour vous parler d'une des héroïnes de mon enfance : Ellen Ripley. Non que j'aimais particulièrement voir des xénomorphes défoncer des cages thoraciques, mais ce qu'aimait regarder mon frère, je le regardais. Aujourd'hui encore, je trouve certains passages dégueu et difficiles à regarder. Pour autant, Ellen Ripley est ce qui m'a toujours fait revenir vers cette saga.

Sigourney Weaver 


 
On peut aimer l'œuvre de Ridley Scott autant qu'on veut, il n'est, au crépuscule des années 1970, pas plus en avance que ses collègues pour ce qui est de faire porter son film par une actrice. Son personnage principal est d'abord pensé pour être un homme, jusqu'à ce qu'on lui suggère : et pourquoi pas une femme ?
 
Je ne sais pas pour vous, mais moi je n'ai compris que très tard que, d'une part, le fait que Ridley Scott accepte cette simple suggestion était assez improbable, tant parce qu'on est dans les années 1970 que parce qu'il s'agit en partie de science-fiction ; d'autre part, je n'ai jamais eu conscience que ça pouvait très, très mal tourner. 

Puisque Le huitième passager s'appuie en partie sur le registre horrifique, on aurait pu hériter d'un énième film dans lequel une pauvre jolie jeune femme sans défense est jetée en pâture à une espèce de psychopathe ou monstre caricatural, et dont l'instinct de survie se résume à courir et à hurler, éplorée, attendant que quelqu'un veuille bien mettre fin à son cauchemar (un homme, si possible). 
 
Mais c'est Sigourney Weaver qui obtient ce qui deviendra le rôle de sa carrière, en plus de faire d'Ellen Ripley le personnage de fiction emblématique qu'on connait tous aujourd'hui. On ne va pas se mentir, hein : notre héroïne passe bien une partie de son temps à courir et à hurler. Mais Ridley Scott pose les jalons d'un personnage qui prendra sa pleine envergure quelques années plus tard, grâce à James Cameron.
 
Voyons ensemble les raisons pour lesquelles j'adore ce personnage...

Dans Alien : le huitième passager

... Ellen Ripley était censée mourir décapitée, et ne devrait manifestement sa survie qu'à un cadre de la Warner qui aurait pété les plombs au téléphone.  

Ne jamais enlever le scaphandre. Elle le sait, elle.
 
On l'y découvre jeune et menue, avec un physique somme toute ordinaire, loin des clichés de la potiche placée là pour faire joli. Rien, a priori, ne la distingue des autres membres de son équipage ; le genre de profil que beaucoup de paris condamnent d'entrée dans les films d'horreur. Et cependant...

Elle assume des responsabilités 

Ellen Ripley est lieutenant sur le Nostromo, ce qui lui donne le droit de se prononcer sur certaines décisions et la responsabilité de son équipage, qu'elle partage avec le capitaine. Il ne s'agit donc pas de se fader un énième archétype de la gourde qui ne sait rien faire de ses dix doigts, et ça fait du bien.
 
Le lieutenant Ripley : un peu la Cassandre des équipages avec qui elle bosse...

Elle fait preuve de bon sens 

Ce sont des traits de caractères que conservera son personnage par la suite. Si Ellen Ripley s'est vue confier de telles responsabilités, c'est qu'elle est capable de prendre des décisions. Elle le fait bien souvent contre l'avis de ses pairs, qui malheureusement n'héritent pas du même soin dans l'écriture : on notera quand même que, assez ironiquement, les incompétents ou les traitres sont toujours incarnés par des hommes... 

C'est elle qui alerte l'équipage qu'il s'agit en réalité d'un avertissement plutôt que d'un SOS, elle qui exhorte en vain Kane à ne pas retirer son casque, elle qui décide ensuite de le placer en quarantaine, elle encore qui cherche par tous les moyens à identifier la créature qui décime son équipage.
 
"Foutez-moi ça en quarantaine : il a un truc chelou ET vivant sur le visage."

Elle fait preuve de sang froid

Ellen Ripley caque, comme on le ferait tous, et je confesse bien volontiers que je me serais très probablement tiré une balle si j'avais été à sa place. Terrifiée, alors que le xénomorphe tue les membres de son équipage un par un, qu'elle est en position de faiblesse, en proie à un chasseur agressif qui a l'avantage sur elle, elle s'efforce pourtant de continuer à prendre des décisions rationnelles et à chercher des solutions. Autrement dit, elle ne laisse pas sa peur la paralyser.

Elle se donne les moyens de survivre...

Faire péter tout un tas de trucs (le Nostromo, apprend-on plus tard, coûtait plusieurs centaines de millions de dollars — ce qui, admettons-le, n'est pas si cher payé, mais bref), en éjecter d'autres dans le vide spatial si un xénomorphe y est attaché, carboniser un androïde... En somme, Ellen Ripley ne recule devant rien et bousille tout un tas de trucs onéreux avant de se tirer le plus loin possible.

... Tout en sauvant ce qu'elle peut.

Que ceux qui en auraient rien eu à cirer du chat dans de telles circonstances lèvent la main ? 
... Mais pas Ripley, qui parvient à le sauver et à le mettre dans la capsule de secours pour le passer en biostase avec elle. On peut bien arguer que la nécessité de faire survivre Jones (c'est son blaze) lui permettait de garder le courage de lutter pour sa propre survie, pourquoi pas. Quoi qu'il en soit, c'est parti pour un long sommeil de plusieurs dizaines d'années, avant que quelqu'un ne les retrouve.
 
Pas le chat, on a dit...

Dans Aliens 

... James Cameron a repris les mêmes ingrédients mais a, lui, totalement assumé le caractère (un peu timidement) donné au personnage au départ. Aliens est mon préféré des quatre, non seulement parce qu'il respecte scrupuleusement et développe habilement les données du premier film, mais parce qu'il a fait d'Ellen Ripley un de mes personnages fictionnels préférés.

Elle est accessible

Ce qui est particulièrement intéressant, dans la première partie du film, c'est de la voir essayer de tourner la page alors qu'elle se débat avec le traumatisme, le fait que les êtres qu'elle aimait ne sont plus là, la bureaucratie et ses dettes. On la retrouve dans un appart miteux, résignée à accepter un boulot de merde sur les quais de la station où elle crèche pour pouvoir les faire bouffer, elle et son chat. 
 
Est-ce qu'elle se laisse abattre ? Non. Elle fait et refait son rapport, essaie d'avertir les cadres de sa compagnie, de reprendre sa vie en main en reprenant un boulot, ne se laisse pas aller. 

Ripley ne joue pas les héros, elle souhaite simplement qu'on lui foute la paix. On s'identifie pleinement à elle, à son épuisement physique et moral, à sa solitude, à sa peur, à ses difficultés. 

Elle ne se laisse pas prendre pour un jambon

Autant dire que quand Burke lui propose de retourner sur LV426, la planète sur laquelle tout a dérapé, elle est pas jouasse, notre Ripley. Bon, elle commence par l'envoyer péter, mais ça c'est avant que le gars lui fasse du chantage avec ses dettes et sa situation précaire, sans oublier de lui rappeler cordialement qu'elle n'a pas grand chose à perdre, à part Jones...

Elle finit par accepter de retourner au turbin, mais pas sans poser ses conditions : c'est pour s'assurer que tout va bien, sachant qu'un SOS a été envoyé ; elle n'y va qu'en qualité d'observateur, pour faire bénéficier aux marines de ce qu'elle sait ; hors de question de ramener un spécimen sur Terre pour l'étudier ; si on en trouve un, on le déglingue ; elle négocie l'effacement de ses dettes et la récupération de son ancien grade et de sa licence de vol.
 
Pour Burke, le mot "détruire" était ouvert à interprétation.

Elle ne se laisse pas impressionner 

Elle est donc intégrée à une équipe de marines, de ces archétypes tellement caricaturaux qu'on les adore : on doit le plus second degré d'entre eux au sergent Apone, qui sort de biostase avec un foutu cigare qui ne le quittera plus jusqu'à la fin. Et peut-être Hicks, qui s'endort partout. 
 
Là, il s'est endormi pendant la phase d'atterissage sur LV.


Il faut noter ici la présence de Vasquez, une des deux seules femmes de cette équipe de marines (hors la pilote) qui, en s'intégrant, a totalement adopté les codes de ses camarades. C'est aussi elle qui manie les armes les plus lourdes... J'aimais beaucoup ce personnage qui jouait avec des codes masculins et des clichés militaires, tout en restant un protagoniste crédible.

En vrai, je la trouve très belle.

Bref, Ripley débarque là-dedans comme un cheveux sur la soupe, légèrement imposée à leur petit groupe par la hiérarchie, et la réunion de briefing pré-atterrissage sur le xénomorphe reste pour moi tout à fait mémorable. On ressent avec elle son sentiment d'isolement par rapport à ce groupe, sa prudence dans sa façon de s'adresser à eux, ce qui ne l'empêche pas de leur dire de la fermer quand ils s'éparpillent un peu trop à son goût. 

Idem quand elle découvre qu'un androïde fait partie du voyage et lui ordonne clairement de garder ses distances, ou que Burke a menti sur ses intentions et celles de la compagnie.
 
"Mais, on avait dit qu'on déglinguait tout, Burke ?!"

Elle s'adapte

Elle reste une des seules personnes à donner des directives utiles aux marines qui progressent dans le complexe de la colonie, pose des questions intéressantes, tire des conclusions et fait des suggestions pertinentes. Elle demande aussi à Hicks de lui montrer comment on se sert de certaines des armes dont ils disposent... et s'en souviendra à bon escient.

"Amenez Burke, j'ai deux mots à lui dire..."

Elle finit par descendre du vaisseau pour rejoindre les marines lorsqu'elle le juge nécessaire pour affiner ses observations sur place tout en respectant le travail des militaires. Elle ne se laisse pas démonter non plus quand elle découvre que la colonie était là pour faire des expérimentations sur le xénomorphe.

Elle est aussi la seule à parvenir à apprivoiser Newt, la petite fille qui survit sur place depuis plusieurs semaines, en communiquant avec elle autrement qu'en lui gueulant dessus ou en essayant de l'attraper.
 
On lit sur son visage qu'elle en peut plus, la gamine...

Même quand le tout part sérieusement en sucette, elle s'efforce de garder la tête froide et de prendre les bonnes décisions alors que les marines, "surentrainés", pètent tous un peu les plombs.

Elle met son expérience à profit 

Une attaque de facehugger ? Ripley sait qu'il ne faut pas qu'elle le laisse atteindre son visage. Une approche de vilain xénomorphe ? Elle sait qu'il faut lui atomiser sa gueule. Elle est aussi attentive à son environnement tout en gardant à l'esprit la façon dont le xénomorphe a tiré parti du Nostromo pour se déplacer. On doit à sa capacité à mobiliser ce qu'elle sait au profit de ce qu'elle ne sait pas les décisions les plus pertinentes du film.

Elle profite également de ce qu'elle a appris à utiliser du matériel de manutention de la station, tant pour aider l'équipage que pour botter le train de la reine. On y vient...

"Où est-ce que je la mets ? - Quai douze."

Elle casse des culs

Bawi, faut dire ce qui est. Ripley se fait une loi d'aller récupérer Newt, parce que son traceur indique qu'elle est à portée et donc, potentiellement, toujours en vie. Alors qu'il lui reste à peine un peu plus d'un quart d'heure avant que tout pète (pour une fois, ce n'est pas de son fait...), elle ordonne à Bishop de l'attendre jusqu'à ce qu'elle revienne. 

Là encore, elle fait preuve de sang froid et de lucidité. Elle dévalise l'armurerie, mais pas n'importe comment : elle attache ensemble le fusil d'assaut/lance-grenade et le lance-flamme pour les porter plus facilement à l'aide de la même sangle ; elle charge tout à bloc ; elle prend des tubes fluorescents à laisser par terre pour retrouver son chemin en sens inverse.


Quand j'étais gosse, et encore aujourd'hui, cette partie était un grand moment. Elle prend ses ovaires, elle y va seule, et se retrouve au milieu d'un nid face à une reine pondeuse. La bande-sonore enrobe tout ça dans une tension dingue. Face à la reine, un échange tacite mais entendu s'entame en silence : elle comprend qu'elle peut négocier une sortie en menaçant directement les œufs. Je me souviens encore de ce moment en or quand, alors qu'elle voit un des œufs s'ouvrir pendant qu'elle recule, elle penche la tête sur le côté : nah. En fait, il va falloir tout cramer. 
 
Course-poursuite, ascenseur, ascenseur (non sans humour), vaisseau, Bishop coupé en deux. C'est intenable. Et enfin, moment de grâce, avant un affrontement au sommet, à coups de pinces de robot de manutention :
 
 
Une fois l'affrontement terminé, Ripley colle tout le monde en biostase et se dit qu'elle n'a pas démérité pour une nouvelle petite sieste.

Dans ALIEN 3

On passera plus vite sur celui-ci, mais quelques éléments venant étoffer le personnage sont à souligner.
 
De nouveau plongée dans un univers débordant de testostérone bien caricaturale, dans la prison de la planète Fiorina 161, Ripley est bien trop blasée par la vie pour s'en soucier à l'excès. On pourrait même hasarder qu'elle s'en fout un peu, au point où elle en est, mais pas encore suffisamment pour ne pas chercher à savoir ce qui est arrivé à son équipage de survivants.
 
Pour faire bonne mesure (mais surtout pour prévenir les parasites), on lui rase la tête et on la sape à la mode du lieu. Elle est abîmée, fatiguée, et commence sans doute à se dire qu'elle a commis des crimes impensables dans une autre vie. David Fincher respecte toujours la ligne de progression du personnage, en livrant une Ripley proche de la résignation, ça se voit, mais qui s'accroche.

Blasée over 9000

Ripley, à qui décidément on ne la fait plus, insiste lourdement pour examiner les corps de ses compagnons, après avoir eu le compte-rendu de l'exploration de son vaisseau, qui met en lumière des éléments hyper louches. Après un vague espoir, le mystère est malheureusement vite éventé : un facehugger a parasité un chien et nous avons donc un xénomorphe qui s'est adapté à son hôte. 

On a beau être blasée, à voir de près ça fout quand même bien les boules.

Le cabot alien la laisse en vie mais personne ne s’appesantira sur ce détail dans l'immédiat. Ellen Ripley met au point un plan pour lui atomiser sa gueule, une fois de plus, et met à contribution les prisonniers. Rien que ça. 

C'est à la fin que se trouve l'élément le plus fort, concernant le personnage. Un second Bishop (et clairement un de trop), propose de la ramener et lui fait comprendre qu'elle porte un spécimen (d'où le fait qu'elle a été épargnée, les xénomorphes laissent les hôtes en vie). Définitivement blasée et refusant de laisser la compagnie ramener l'espèce sur Terre, elle se jette dans les flammes. 

C'est un moment très symbolique et absolument conforme à l'esprit du personnage. J'ai mis du temps à comprendre que si le xénomorphe émerge à ce moment-là, c'est parce qu'il comprend, en quelque sorte, que la mort de son hôte est imminente. Ellen Ripley ne fait d'ailleurs pas que sauter, elle le retient avec elle pour l'empêcher de fuir. 


Dans Alien, la résurrection

Le film de Jean-Pierre Jeunet, c'est un truc un peu à part et très bizarre. Ellen Ripley, un ou deux siècles plus tard, est clonée à partir de son ADN, récupéré sur Fiorina. L'idée est évidemment de récupérer celui du xénomorphe qu'elle portait. Jeunet ne s'attarde pas tellement sur la question, si ce n'est qu'il a été nécessaire de la cloner plusieurs fois pour parvenir à un résultat "parfait". 

Une anesthésie ? Pour quoi faire.
 
Le réalisateur ne s'est pas départi de la badassitude du lieutenant Ripley et a exploré une hypothèse intéressante : dans le processus, son ADN s'est mélangé avec celui de l'alien, ce qui a créé une sorte de créature hybride. Ses aptitudes physiques sont décuplées, son sang est acide, elle ne ressent pas la douleur et elle a un mood pas très rassurant (elle est devenue très sarcastique par rapport à toute cette situation). Elle entretient donc une sorte de proximité avec les xénomorphes, qui ne s'en prennent pas à elle en la reconnaissant comme une des leurs.  

Elle met (vraiment) des paniers à trois points de dos, quand même.


Notre Ripley n'est plus la même, mais n'a pas perdu son objectif, celui d'éradiquer les xénomorphes, sans oublier la chose immonde qu'elle a permis à la reine qu'elle portait de pondre, avant qu'ils ne puissent être ramenés sur Terre. 

Au premier coup d'œil, la ressemblance n'est pas frappante.

Difficile de faire passer ça par les services de l'enfance et l'état civil. Elle expédie la chose dans le vide spatial (ce qui s'avère décidément être une technique éprouvée) avant d'atteindre la Terre. Ici, Jeunet choisit de la montrer tiraillée entre la nécessité de détruire cet hybride dégueulasse, qui se comporte avec elle en progéniture, et le lien qui l'unit à ce qui n'est autre que, disons, son dernier enfant. 

Qu'en conclure ?

Il est un peu fou qu'Ellen Ripley soit un personnage bien écrit alors qu'elle est née d'une simple suggestion, pour un rôle à l'origine écrit pour un homme. Et il ne fait aucun doute, par ailleurs, qu'elle ne serait rien sans l'interprétation de Sigourney Weaver, qui l'a incarnée à la perfection. Les réalisateurs successifs ont, il faut le dire, joué le jeu en développant ce personnage de sorte à ce qu'il ne tombe dans aucun archétype, tout en restant crédible et attachant. 
 
Ellen Ripley est touchante parce qu'elle est aussi forte que fragile, qu'elle montre autant de courage que de peur, qu'elle incarne peut-être malgré elle cette réalité qu'il faut rappeler : qu'une femme n'est pas moins capable, moins compétente, moins charismatique, moins apte à survivre ou à diriger, n'est pas forcément une petite chose à protéger mais qui peut protéger, peut avoir du discernement, du bon sens, faire preuve d'intelligence, de sang froid, de courage, de rage, en même temps que de sensibilité, de gentillesse et de bienveillance.

Je soupçonne Cameron d'avoir intégré Vasquez pour montrer ce contraste : qu'une femme n'a pas besoin d'adopter les codes masculins pour imposer des qualités et traits qui, non, ne sont pas l'apanage de la masculinité.

Et moi, j'aime Ellen Ripley pour tout ça.
 
Tout en finesse.

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